Les nanoparticules de dioxyde de titane, c'est quoi ?

Les nanoparticules de dioxyde de titane (TiO2) sont utilisées comme écran solaire par les industriels de la cosmétique : elles présentent l’avantage de rendre le filtre des crèmes solaires à la fois plus efficace et transparent, évitant ainsi les dépôts blancs sur la peau. D’autres applications existent, notamment dans l’alimentation ou le bâtiment... avec certains risques pour la santé ou l'environnement ?

Le nano-dioxyde de titane, c'est quoi ?


L'oxyde de titane est connu depuis longtemps comme pigment blanc. Depuis une quinzaine d’années, on a découvert qu’en produisant des nanopoudres (moins de cent nanomètres de diamètre), des propriétés nouvelles apparaissaient :
- le produit devient un excellent catalyseur d'oxydation, capable de détruire chimiquement certains polluants issus du trafic automobile.
- à cette dimension nanométrique, il devient presque transparent tout en continuant à absorber parfaitement les ultra-violets.

Quelles sont ses propriétés ?


Les nanoparticules de dioxyde de titane présentent plusieurs propriétés, qui intéressent différents secteurs industriels :
- transparence et parfaite absorption des ultra-violets, utilisées notamment dans les crèmes solaires
- grand pouvoir oxydant exploité, dans le bâtiment notamment, pour garantir une blancheur des murs et une propreté des vitres à toute épreuve
- action catalytique permettant de déclencher des réactions chimiques, qui présentent des attraits notamment sur le plan écologique : mélangé à un coulis spécial à base de ciment, le dioxyde de titane permet la destruction des oxydes d’azote issus du trafic automobile. Cette réaction chimique dépolluante fonctionne avec les rayons UV du soleil (photocatalyse) et plus il y a de soleil, meilleurs sont les résultats de ces « mangeurs de pollution ».

On en trouve où ?


Sous forme de particules de 250 à 350 nanomètres, le dioxyde de titane est utilisé depuis longtemps dans les peintures, les plastiques, les céramiques, les papiers, les encres, les bitumes, ou encore les prothèses dentaires, pour obtenir une couleur blanche opaque. Depuis quelques années, des particules plus fines sont ajoutées sous forme de nanopoudres, dans de nombreux produits, comme les :
- crèmes solaires, pour un effet antisolaire optimum et une crème transparente, qui ne laisse pas de dépôts blancs sur la peau (avec des particules de 60 nanomètres, utilisées en complément des nanoparticules d’oxyde de zinc),
- soins anti-vieillissement, rouges à lèvre et vernis à ongles,
- ciments, bétons de revêtement, bitumes et vitres, qui deviennent « autonettoyants » et « mangeurs de pollution », pour une réduction des dépenses d’entretien des vitres, façades et trottoirs (avec du dioxyde de titane ultra-fin),
- moteurs Diesel.

Et c'est dangereux ?


Les particules fines de dioxyde de titane ont été classées "possibles cancérogènes" par inhalation en juin 2006, par le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC). Cela ne signifie pas que les nanoparticules ingérées ou appliquées sur la peau soient nécessairement nocives. Mais l'utilisation des nanoparticules de titane dans les cosmétiques ou les aliments suscite des préoccupations :
  • les nanoparticules contenues dans les cosmétiques peuvent pénétrer dans le corps humain et y entraîner des conséquences problématiques. Des études récentes citées notamment par l'AFSSET, agence française indépendante d'expertise sanitaire, dans un rapport de mars 2010, montrent que les nanoparticules appliquées sur la peau pouvaient pénétrer dans le derme profond...
  • leur utilisation comme additif alimentaire (E171) pourrait avoir des effets toxiques sur les intestins.

Nathalie Fabre - Juin 2010