La nanosilice, c'est quoi ?

La nanosilice est aujourd'hui présente dans de nombreux produits manufacturés et dans l'alimentation. La nanosilice est au quatrième rang de la production mondiale de nanoparticules, et si l'on considère l'exposition via le système gastro-intestinal, elle est la première, tant son usage est répandu.

La nanosilice, c’est quoi ?


La silice est un matériau qui existe sous deux formes :
  • cristalline, abondante naturellement (dans les roches telles que le quartz, la gravite, le grès, dans le sable, ...)
  • amorphe, et dans ce cas, presque toujours synthétique.

Quelles sont ses propriétés ?


Les propriétés physico-chimiques varient en fonction des procédés de la synthèse utilisés pour obtenir ces nanoparticules : il s'agit notamment de propriétés anti-agglomérantes, hydrophiles ou hydrophobes selon les cas.

On en trouve où ?


La silice amorphe est commercialisée depuis les années 1950, et approuvée par la l'agence fédérale américaine de l'alimentation (FDA) comme agent anti-agglomérant depuis 1966.
Nous ne savons pas avec exactitude depuis combien de temps la silice est intégrée sous une forme nanométrique, car les fabricants ne fournissent pas d'informations sur ce sujet. Mais il existe des brevets datant de plus de dix ans relatif à l'enrobage inorganique, dont l'épaisseur varie entre 0,5 nm à 20 nm, qui pourrait allonger la conservation dse confiseries comme Mars (que l'entreprise dit n'avoir jamais utilisé), M&M's, ... (brevet déposé en 1998). Cet enrobage contient du dioxyde de silice (E 551), du dioxyde de titane (E 171) et de l'oxyde de magnésium (E 530).

Les nanosilices sont intégrées dans les semelles de chaussures, dans les pneumatiques (pneus dits "verts"), dans les dentifrices (comme polissant), comme agent anti-agglomérant dans l'alimentation (sucre, sel, café en poudre, glace, sauces vinaigrées...), pour la fabrication du papier et du béton.
Il existerait une quarantaine de produits alimentaires de consommation courante contenant des nanoparticules de silice sur le marché français.
Il est cependant difficile de certifier cette affirmation, dans la mesure où aucune traçabilité de ces matériaux n'est assurée ou imposée par les différentes législations sur l'agro-alimentaire ou les additifs alimentaires. Ainsi par exemple, l'additif E551 (produit par Rhodia, BASF, Cabot, Evoniq et Degussa) veut dire que du dioxyde de silice a été ajouté dans le produit, mais n'indique rien sur le type de silice incorporé, sur ses propriétés (hydrophiles ou hydrophobes), sur la taille des particules, ses modifications de surface ou encore sa forme.

Et c'est dangereux ?


Les voies d'exposition à la nanosilice sont :
  • principalement le système gastro-intestinal,
  • mais aussi les voies respiratoires, puisque la silice se retrouve aussi dans les pneumatiques et les ciments.
Or sous sa forme plus grossière (micrométrique), la silice cristalline est corrélée avec l'apparition de maladies pulmonaires graves (silicose, tuberculose, bronchique chronique, maladie pulmonaire obstructive, cancer du poumon), et est classée par le le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) comme cancerogène certain pour l'homme.
Plusieurs études semblent indiquer des dangers spécifiques à la silice sous sa forme nanométrique, notamment la possibilité pour ces particules de passer certaines barrières physiologiques cellulaires et les barrières tissulaires. Le foie et la rate sont les organes où l'on observe une bioaccumulation importante de nanosilice, qu'il faut encore étudier.
Une telle incertitude quant aux effets néfastes de ces nanoparticules doit inciter à la prudence ainsi qu'à un investissement plus important dans les études de risque, ainsi que le rapelle l'Afsset (Agence française de sécurité sanitaire de l'environnement et du travail) dans son rapport de mars 2010.

Nathalie Fabre - Juin 2010