Recherche et développement des nanos dans le monde
Les nanotechnologies font l'objet de recherches intenses dans les pays industrialisés, avec des investissements publics d'un montant équivalent en Europe, aux Etats-Unis et en Asie. Les pays émergents s'efforcent de prendre le train en marche, avec des retombées palpables pour certains.
- Des efforts de recherche considérables dans les pays industrialisés
- Une insertion tangible des pays émergents et à revenu intermédiaire
- Et pour les autres pays ?
Des efforts de recherche considérables dans les pays industrialisés
- Le Japon a été le premier à investir dans les nanotechnologies – c’est aussi d’un de ses physiciens, Norio Taniguchi que nous vient le terme de « nanotechnologies » – avec le lancement en 1991 d’un programme sur dix ans d’un montant de 185 millions de dollars.
- Aux Etats-Unis, la "National Nanotechnology Initiative" (NNI) lancée par Bill Clinton en 2000 a alloué 422 millions de dollars de dollars au secteur avec un slogan : « Façonner le monde, atome par atome ».
- Tous les pays développés et en émergence sont alors entrés successivement dans la course, la Corée en 2001, l’Europe en mars 2002, suivie de la Chine et de Taïwan en septembre 2002.
Une mobilisation équivalente des dépenses publiques en Europe, en Asie et aux Etats-Unis
L’Europe, l’Asie et les Etats-Unis investissent à peu près autant en matière de R&D pour les nanotechnologies. En 2006, les dépenses publiques en matière de recherche et développement ont été de :
- 2,1 milliards de dollars en Europe (dont 500 millions en provenance des fonds communautaires).
- 1,8 milliards aux Etats-Unis : avec 1,64 milliards de dollars versés en 2010 à la National Nanotechnology Initiative (NNI), l'investissement total du gouvernement américain sur les nanotechnologies s'élève désormais à 12 milliards de dollars.
- 1,7 milliards en Asie (dont la moitié au Japon)
- 200 millions de dollars répartis sur d’autres régions du monde (Russie, Australie…).
Des investissements privés plus importants outre-Atlantique qu’en Europe
La part des investissements privés est largement plus importante outre-Atlantique qu’en Europe : elle représente 60% des investissements totaux aux Etats-Unis, 65% au Japon et seulement 30% en France et en Europe.
Une insertion tangible des pays émergents et à revenu intermédiaires
Les pays à revenu intermédiaire prennent le train en marche et s'insèrent progressivement dans la recherche et l’innovation nanotechnologique.
- La Corée du Sud figurait à la 3ème place de dépôts de brevets nanos pour 2006-2008, après les Etats Unis et le Japon, et juste avant la France [1].
- La Chine dispose avec près de 2,3 milliards d’euros du 4ème budget de financement prévu pour la période 2006-2010 après le Japon et les États-Unis et juste avant l’Allemagne (1,5 milliards d’euros) et la Corée du sud (750 millions d’euros).
- L’Inde, le Brésil, l’Argentine, l’Afrique du Sud ne sont pas en reste et se sont aussi dotés de moyens de recherche au niveau national.
- L’Inde a lancé en 2007 un programme de promotion des nanosciences et nanotechnologies d’un budget de 255 millions de dollars.
- Le Brésil dispose de 300 chercheurs de niveau Doctorat en nanotechnologies.
- L’Argentine s’est dotée d’un plan stratégique couvrant la période 2005-2015.
- L'Afrique du Sud a lancé un projet SANI (South African Nanotechnology Initiative)
Le Vietnam (classé pays à faibles revenus) a commencé sa recherche en nanotechnologies en 1992 et le ministère de la science et de la technologie a lancé un programme de construction d’une infrastructure dédiée aux nanosciences et nanotechnologies.
La plupart de ces pays cherchent à s’insérer dans l’innovation nanotechnologique avant tout pour défendre la compétitivité de leur recherche et de leur production dans le marché mondial.
Et pour les autres pays ?
Les pays dits "moins avancés" (PMA) sont en revanche bien loin d’être en mesure de s’engager dans cette course aux nanos, pour des raisons évidentes, notamment l’absence de politiques nationales, d’infrastructures, de ressources humaines compétentes dans le secteur de la science et la technologie pour le développement.
Nathalie Fabre et Mathilde Detcheverry - Juin 2010
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