De nouvelles thérapies et des nanomédicaments pour mieux soigner

Si l’essentiel de leurs utilisations médicales concerne aujourd’hui les techniques de diagnostic, les nanotechnologies commencent aussi à trouver des applications thérapeutiques, notamment pour le traitement local de certains cancers : en injectant des nanoparticules activables à distance dans une tumeur du sein, on peut désormais détruire celle-ci par effet thermique…

Les nanoparticules peuvent servir à enrober une molécule active, pour l’acheminer vers les cellules malades en identifiant de manière précise la cible à attaquer. On parle dans ce cas de « médicaments vectorisés », pour mieux cibler les interventions (transport ciblé) voire pour contrôler la libération des principes actifs (système à libération contrôlée ou auto-régulée).

Encore souvent à l’état de tests, ces nano-vecteurs éviteraient de détruire les cellules saines, réduisant ainsi considérablement les effets secondaires indésirables des thérapies... Là encore, le traitement des cancers devrait particulièrement bénéficier de ces avancées : la nano-encapsulation de principes chimiothérapeutiques permettrait de mieux prévenir ou arrêter l’extension des tumeurs.
Un bémol de taille : pour l'heure, les scientifiques ne savent pas ce que deviennent les nanoparticules dans le corps, et sont actuellement incapables d’en évaluer les risques.

D'autres utilisations thérapeutiques des nanotechnologies concernent les nanosystèmes implantés dans le cerveau, qui peuvent servir notamment à pallier à la maladie de Parkinson : plus de trente-cinq mille personnes dans le monde ont déjà été soignées par de tels implants de stimulation profonde, dont les applications s’élargissent : obésités, dépressions profondes résistantes… La mise au point de ces nouveaux implants mérite d'être soigneusement encadrée pour éviter des utilisations abusives, qui pourraient être contraires à l'éthique.

Nathalie Fabre - Juin 2010