Vers un nouveau scandale de l’amiante ?
Alors que la production et les applications des nanotubes de carbone se généralisent, des inquiétudes sanitaires se confirment : certains types de nanotubes de carbone pourraient ainsi entraîner des dégâts pulmonaires comparables à ceux causés par l’amiante. En France, des mesures de protection des travailleurs exposés ont été préconisées, mais la réglementation mérite encore d’être améliorée
- Des ressemblances avec les fibres d’amiante
- Qui pourrait être exposé ?
- Quelles mesures de précaution ?
Des ressemblances avec les fibres d’amiante
A la fois très fins et très allongés, les nanotubes de carbone présentent des ressemblances avec les fibres d’amiante, en termes de forme et de taille. Une grande crainte des toxicologues est qu'ils créent dans nos poumons des lésions analogues à celles provoquées par les fibres d’amiante.
Bien que très peu de données soient encore validées, plusieurs études récentes menées sur des animaux [1] ont montré que les nanotubes multi feuillets provoquent chez les souris des réactions inflammatoires qui, à long terme, peuvent entraîner l’apparition d’un cancer de la plèvre (mésothéliome)... comme le fait l’amiante !
On ne peut pas conclure de façon certaine que le résultat de ces études soit extrapolable aux milliers de formes différentes de nanotubes de carbone produits par les laboratoires de recherche ou les entreprises.
Chez l’homme, le caractère cancérigène des nanotubes de carbone n’est pas démontré : on ne sait pas, par exemple, si les nanotubes de carbone inhalés peuvent descendre jusqu’à la plèvre, lieu de développement de ce type de cancer. Mais, si rien n’est démontré, on ne peut en tous cas pas exclure de possibles effets destructeurs.
Qui pourrait être exposé ?
Aujourd’hui, les principales personnes exposées sont les chercheurs et les travailleurs concernés : au moment de leur fabrication et de leur manipulation, les nanotubes de carbone sont à l’état de poudres ultra-fines qui se dispersent facilement dans l’air et peuvent donc être inhalées, si l’on ne prend pas de précaution.
En revanche, les nanotubes de carbone, présents dans les produits de notre quotidien (raquettes de tennis, carrosserie de voiture, etc.), sont en général figés dans une matrice : ils restent captifs et ne présentent donc pas les mêmes risques pour notre santé. Mais on ne sait pas ce que deviennent les nanotubes, lorsque ces produits s'usent ou lorsqu'ils sont jetés dans une décharge...
Quelles mesures de précaution ?
En France, la santé des travailleurs exposés aux nanotubes de cabone est encore très insuffisament contrôlée malgré une mobilisation des pouvoirs publics et des partenaires sociaux sur la question. Assurer une meilleure protection des travailleurs constitue l'un des chantiers les plus urgents dans le domaine des nanotechnologies.
Nathalie Fabre
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- Chantier urgent : Protéger les travailleurs
Ailleurs sur le web :
- Etudes académiques sur les risques associés aux nanotubes de carbone
- Etudes académiques sur les comparaisons entre nanotubes de carbone et amiante
[1] Voir notamment les études publiées en 2008 dans la revue Nature et les travaux de chercheurs japonais parus dans The Journal of Toxicological Sciences.