Environnement : les nanos, un rêve écologique dévoyé ?


Les nanotechnologies sont souvent associées à l’espoir d’une industrie plus économe des ressources de la planète, véhiculé notamment par les visions futuristes d'Eric Drexler dans son livre Engines of Creation paru en 1986, qui décrivait "des machines moléculaires d’un futur très lointain, capables de recycler des déchets, de produire de l’eau pure et de l’énergie".
De nombreuses applications sont présentées comme offrant de véritables solutions à la crise écologique permettant à la fois la réduction de notre empreinte écologique et le maintien de notre niveau de vie, grâce à de nouveaux matériaux et de nouveaux produits. Bref, nanos pourrait rimer avec développement durable...

Cependant les coûts liés à la production des nanomatériaux et les risques pour l’environnement sont encore mal connus. Ainsi la fabrication des nanomatériaux requiert énormément d’eau, d’énergie... et de produits toxiques ! Au regard de ces coûts de production, les rendements obtenus sont finalement, pour l'instant du moins, assez faibles. Enfin, les nanoproduits, une fois arrivés en "fin de vie", constituent également des déchets qui peuvent s'avérer toxiques et que l'on ne sait pour l'instant pas traiter, alors qu'ils peuvent présenter des dangers pour l’environnement et la santé humaine. Voilà un chantier urgent auquel il faut s'atteler sans plus tarder.

Il convient donc d’être prudent : les nanotechnologies pourront peut-être apporter une contribution aux problèmes actuels, mais pour l’heure on assiste surtout à des développements tous azimuts de produits à l’utilité moins évidente et à l’impact environnemental potentiellement important. Les solutions à ces crises seront nécessairement autant politiques, économiques et sociales que technologiques.

Nathalie Fabre - Juin 2010